Nous sommes riches

4 min de lecture

Je suis un insatisfait

J’ai obtenu un bac + 5, sans jamais redoubler, sans piston ni tricheries.
Dans chacune de mes missions professionnelles, j’ai été considéré comme un bosseur et une personne de confiance…  Mais voilà : avec mon profil de couteau-suisse, je ne gagne pas une fortune. En tout cas pas selon mes critères !
A 30 ans, je suis capable de me loger dans un studio d’une grande ville, d’être inscrit en club de sport, me vêtir, me nourrir correctement, etc. Néanmoins, je fais tout de même bien attention à mes dépenses et l’accès à la propriété me semble inaccessible dans un rayon de 40 km du travail !
[note : s’endetter sur 30 ans n’est pour moi pas acceptable, surtout à une époque d’incertitude professionnelle. Je n’ai aucune envie de donner à une banque le pouvoir de me déposséder de ma demeure si un imprévu devait m’arriver. ]

Je ne devrais pas me plaindre : sans être fortunée ma situation est confortable. J’en suis conscient. Je ne suis pas dans le rouge à la fin du mois et, je peux me faire plaisir de temps à autre. Je parviens même à économiser.
Rien qu’en France, pays aisé s’il en est, de nombreuses personnes peinent réellement à joindre les deux bouts et dépendent grandement des aides. Avouons-le, certains sont dans une mauvaise situation car ils font/ont fait des choix stupides et vivent au dessus de leurs moyens.
D’autres, bien que travailleurs & réfléchis n’ont parfois pas eu de chance (maladie, décès d’un conjoint, crise dans leur spécialité professionnelle, pas de soutien des parents …).
Quelle que soit votre situation, si vous arrivez à lire ce texte, sachez cependant que vous êtes riches !Continue reading: Nous sommes riches

La carte

6 min de lecture

Pour la randonnée je préfère les cartes aux systèmes GPS. Ceux-ci ont leurs avantages lorsqu’il s’agit d’aller par la route d’un endroit à l’autre alors que le temps est compté. Ou pour marquer des coordonnées sur un plan. Mais en excursion, rien ne vaut une carte papier. Bien que j’avoue qu’il est impossible d’égaler un GPS pour déterminer l’endroit précis où l’on se trouve. Cependant l’avantage principale de la carte est d’avoir une vision d’ensemble de la contrée traversée, ainsi on peut modifier son itinéraire suivant certains endroits remarquables à proximité et surtout elle permet de prévoir les obstacles, la difficulté du terrain, le dénivelé…
De plus le papier n’est jamais à cours de batterie.
Le parallèle entre l’utilisation d’une carte et la réalisation d’un projet est frappant.
En randonnée il est important de pouvoir dans un premier temps se positionner sur la carte.
Ensuite trouver son objectif pour finalement tracer le chemin le plus intéressant et le plus enrichissant pour le ou les participants. Voir le plus court, tout en évitant les difficultés du terrain. Cette préparation permet de dresser la liste de l’équipement à emporter ainsi que d’estimer le temps pour l’excursion.
Il en va de même lors de la réalisation d’un projet. Pour aller du point A, qui représente la situation présente, au point B qui est l’objectif envisagé, il faut d’abord faire un état des lieux. C’est-à-dire la liste des capacités et des ressources actuelles et les comparer avec un objectif clairement défini.
Votre point A et votre point B.
La ligne qui relie ces deux points permet d’évaluer la tâche à accomplir et de déterminer un moyen pour y parvenir.
Mais tout d’abord, jetons un œil sur la première étape.

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Poker Face

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Le boxeur

 

Il n’a pas su l’esquiver à temps et le poing de son adversaire vient heurter sèchement ses côtes.
Bien que la douleur soit foudroyante il encaisse le coup sans broncher
Pas d’autres choix : ne pas laisser échapper un râle ni crisper seulement son visage sinon l’opposant saura qu’il a fait mouche… alors il n’aura de cesse de revenir meurtrir ses côtes. Il doit donc juste serrer les poings et ignorer la douleur.
En y repensant il lui semble bien avoir senti un craquement… Côtes fêlées ? Cassées ? Il s’en occupera plus tard.
Plus que 4 rounds et il pourra lâcher prise… moins s’il parvient à mettre un KO rapidement.
Son coach n’a cessé de lui répéter ces derniers mois : « tu as la technique et le physique mais pour faire face à ce gars il te faudra en plus être dur au mal sinon il exploitera la moindre de tes failles. « 
Faire bonne figure malgré la souffrance, garder la tête froide et chercher également l’ouverture dans le jeu de l’adversaire. Un plan plus que simple.

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La bataille du lit

3 min de lecture

Réveil retroLe réveil sonne et aussitôt j’entends ma petite voix se plaindre : « Il est trop tôt , allons nous recoucher« .
Je ne l’écoute pas et descends, le regard encore embué, faire ma toilette et me préparer un thé vert.
Elle continue à gémir.
Je commence à boire et, de ma fenêtre, je contemple d’un air satisfait le monde encore assoupi.  « Tu vois tout le monde dort !  » me dit-elle, « Allons faire de même« .
Je souris et, entre deux gorgées, lui réponds  : « Justement Clochette. Si j’essaie de me lever à 5H c’est bien pour profiter de ce moment de quiétude. »

La quiétude matinale

Clochette :  « Comment ça ? »
Moi : « Entre 5 et 6H le monde est encore endormi: pas d’excités du volant, pas de voisins bruyants, pas d’enfant qui réclame ton attention…rien de tout ça… Il n’y a qu’une chose à écouter…« Continue reading: La bataille du lit

No pain, no gain

20 min de lecture

Cet excellent article nous est offert par le magazine de référence de tous ceux qui s’intéressent aux questions d’entraînement, de dopage, de physiologie, de psychologie et de médecine du sport. Publié en juillet/août 2011 et reproduit ici avec l’aimable autorisation de Sport & Vie.
Merci beaucoup pour ce beau geste.

En anglais, le mot « pain  » désigne la douleur physique ressentie lors d’efforts, notamment l’exécution d’une tâche, tandis que « gain  » s’applique au bénéfice que l’on en retire. « No Pain, No Gain » pour­rait donc se traduire en français (de façon moins percutante) par « pas de souffrance, pas de progrès ». L’idée est très répandue parmi les sportifs. Il suffit d’écouter les discours des coachs à la mi-temps des matchs. Ils sont toujours riches en références douloureuses: discipline, effort, abnégation, engagement. Et les joueurs sont réceptifs à ce genre de présentation. Le mode de fonctionnement des sportifs est donc à l’opposé de celui de la plupart de leurs contemporains surtout soucieux de s’épargner l’inconfort, la souf­france et la fatigue. Les uns s’épanouissent dans le dépassement et le stress. Les autres cherchent à tout prix l’apaisement et asso­cient même le bonheur à l’oisiveté comme dans la représentation classique du vainqueur de la loterie qui sirote son alcool de coco dans son hamac sur fond de plage paradisiaque. Pour le philosophe Alain (1868-1951), on commet une grossière erreur en confondant le bonheur avec les plaisirs furtifs de l’exis­tence comme celui que l’on peut éprouver par exemple en mangeant des friandises. « Les sucreries donnent un petit plaisir sans qu’on ait autre chose à faire qu’à les laisser fondre », écrit- il. « Beaucoup de gens voudraient goûter le bonheur de la même manière. Et ils sont bien trompés. » Dans leur quête d’excellence, les sportifs évitent cet écueil. Tant mieux pour eux. En même temps, on peut craindre qu’à pousser trop loin la logique dans le sens opposé, ils ne commettent l’erreur de s’en­gouffrer dans une impasse, faisant de la douleur « un art de vivre » et du fait de « battre les autres » une condition sine qua non d’épa­nouissement (1).Continue reading: No pain, no gain

L’Equilibre

2 min de lecture

Qu’est ce que l’équilibre ?

Trouver le point d’équilibre c’est s’efforcer, grâce à une série perpétuelle de micro-ajustements, de rester dans une zone de relative stabilité. De nombreux événements (intérieurs et extérieurs) peuvent venir bouleverser notre équilibre. Il faut donc constamment réagir face à ces derniers pour adapter notre position.

Balance 1

Crédits de la photo

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Les Vikings, une introduction

19 min de lecture

Cotes de Northumbrie, Abbaye de Lindisfarne -793 de notre ère-
Les moines descendirent sur la grève pour scruter l’horizon. Au loin les voiles carrées et vivement colorées qui venaient d’apparaître ne ressemblaient à aucune qu’ils connaissaient.
Bientôt les navires furent plus proches, et bien qu’ils ne puissent distinguer l’équipage qui les composait, ils virent distinctement les sombres décorations de proues à l’effigie de dragons se découper sur le ciel bleu.
Souplement les bateaux glissent sur l’eau et se dirigent droit vers le rivage. A la proue de celui de tête se tient un homme à la musculature lourde et au visage sévère. Son regard déterminé fixant les bâtiments qui se rapprochent rapidement.
Il sert et dessert machinalement la main qui tient sa lance. Les muscles noueux de son avant-bras jouent avec aisance sous la faible clarté du matin. Les individus sur le sable sont très près désormais. « Peut-être à portée » se demande-t-il. Et comme pour vérifier sa spéculation, il arme son bras au-dessus de son épaule dans la direction des moines.
En voyant ce geste les hommes sur la grève se retournent en s’enfuyant en direction de l’abbaye située à peine plus haut. L’un d’entre eux n’y arrivera jamais, s’écroulant lourdement, une lance fichée dans le dos. Des cris impressionnés, de ceux qui montrent de l’admiration à leurs pairs, montent du bateau.
Quelques instants plus tard, les navires accostent sur le sable et déversent un flot de démons venus du nord qui pilleront les trésors du monastère et extermineront une grande partie de ses habitants.
Ce 8 juin 793 marque officiellement le début de l’ère Vikings qui ravageront pendant plusieurs siècles les côtes de l’Europe et défieront les puissances de tous les états.
Les vikings venaient de mettre un pied dans l’histoire, et leurs exploits résonnent encore de la furie des hommes du nord.
« Seigneur, protège-nous de la fureur des hommes du Nord ». Se lamentent désormais les moines d’Europe, voyant comme une sanction divine les actes perpétrés par ces barbares à bord de leurs embarcations rapides aux effigies de dragons.

En cette année, de féroces présages s’abattirent sur le pays des Northumbrians, les misérables tremblaient; Il y avait des tempêtes, des éclairs et de féroces dragons traversèrent les cieux. Ces signes furent suivis d’une grande famine, et un peu après, la même année, ces diables de païens détruisirent l’église de Dieu à Lindisfarne.
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